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Expliquer n'est pas comprendre

La science permet d'expliquer les mécanismes de la dépression, ses effets sur l'humeur ou les processus neurobiologiques qui lui sont associés.

Mais que savons-nous, pour autant, de la souffrance de cette personne, là, devant nous, dans notre cabinet ? Que signifie, pour elle, vivre avec cette dépression ? Ce qu'elle éprouve, ce qui lui pèse, ce qui lui manque, ce qui lui paraît désormais inaccessible ?

Expliquer un trouble ne suffit pas à comprendre celui qui en souffre.

Comprendre demande un autre mouvement : se rendre disponible à l'expérience singulière de l'autre, écouter ses paroles, prêter attention à ses silences, à ses émotions, à ce qui se manifeste dans son corps et dans notre rencontre.

Pour le thérapeute, il s'agit aussi de se laisser toucher par ce qui se joue dans la relation, d'accueillir les résonances que suscite en lui la souffrance de l'autre, de les interroger et de tenter, peu à peu, de rejoindre quelque chose de son vécu.

Non pas prétendre savoir ce que l'autre éprouve, ni se mettre à sa place, mais s'approcher de son expérience avec curiosité, attention et humilité.

Car comprendre l'autre n'est peut-être jamais le comprendre entièrement. C'est chercher à rencontrer, au-delà de ce que nous savons déjà, quelque chose de la manière singulière dont il vit et éprouve son existence.

C'est là que le travail thérapeutique peut commencer.